Le cycle du tricot

Date de publication - 2011
Par Sandrine Ayrole - Responsable du soutien à la création photographique -ministère de la culture, commissaire d’exposition

Texte de catalogue d’exposition pour le Centre de création La Capsule - membre du Réseau Diagonal

Le travail de Caroline Vaillant soulève la question de l’interaction entre les êtres et par extension entre l’artiste et son sujet.
Comment les gens interagissent-ils, comment partagent-ils, que sont-ils prêts à risquer au contact de l’autre ?
Ses créations sont issues de ces questionnements et mettent en scène la quête de la juste distance entre les personnes, les frontières visibles ou invisibles.
Le cycle du tricot s’articule autour du dispositif suivant :
Caroline Vaillant et un inconnu, reliés par un cordon, toujours le même, qu’ils tricotent aux deux extrémités sous le regard d’un appareil sur pied que la photographe déclenche au moment opportun.
De ce dispositif sont nées trois séries photographiques :
Voulez-vous tricoter avec moi ? chapitre I et II, confronte la photographe à des frontières territoriales et sociales et amène ses sujets à s’y mesurer avec elle.
Peloton, met en scène l’objet tricoté, trace de l’accumulation des rencontres effectuées lors des deux séries précédentes.
Voulez-vous tricoter avec moi ? chapitre I
En 2002, Caroline Vaillant rejoint un collectif d’artistes dans le cadre d’un projet visant à donner à voir aux habitants d’Ex-Yougoslavie des photographies
de ceux qui étaient naguère leurs compatriotes.
Le dispositif du tricot nait des objectifs de ce projet et est utilisé comme vecteur de rencontres permettant d’aller au contact des habitants de ces terres fracturées.
Au cours de ces six mois passés dans les Balkans, Caroline Vaillant tricote face à l’objectif en compagnie de bosniaques, croates, serbes et slovènes.
« J’ai senti très vite que le tricot me permettait de faire tomber bien des barrières, en un laps de temps très court. Je m’installais simplement en tricotant et laissais les habitants venir à moi. Malgré l’obstacle de la langue, cette activité pouvait facilement être partagée. La curiosité suscitée par le tricot se transformait souvent en complicité et ce n’est qu’ensuite que je proposais d’installer mon appareil. »

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